Enseigner n’a probablement jamais été simple. Mais aujourd’hui, les enseignants doivent transmettre des savoirs, gérer des classes de plus en plus hétérogènes, motiver, différencier, inclure, évaluer, gérer les comportements, les écrans, les réseaux sociaux… et maintenant l’intelligence artificielle.
Les attentes s’accumulent. Et une question finit par devenir incontournable :
Pourquoi faisons-nous tout cela ?
Pourquoi demander encore à un élève d’apprendre quand Internet et l’intelligence artificielle peuvent lui fournir une réponse en quelques secondes ? Pourquoi lui demander de faire des efforts ? Et finalement :
à quoi doit servir l’école aujourd’hui ?
Avant de chercher une nouvelle méthode ou d’ajouter une nouvelle mission aux enseignants, nous proposons de commencer par retrouver un cap.
Lire, écrire, calculer, comprendre l’histoire, les sciences, les langues et le monde qui nous entoure restent indispensables. L’accès instantané à l’information ne supprime pas le besoin de connaissances.
Mais disposer d’une information ne signifie pas savoir quoi en faire.
Un jeune doit aussi progressivement apprendre à comprendre ce qu’il lit, questionner une information, distinguer le vrai du faux, faire des liens, réfléchir, résoudre un problème, argumenter, prendre une décision, coopérer ou s’adapter à une situation nouvelle.
L’enjeu n’est donc pas d’opposer savoirs et compétences. Il est d’aider les élèves à acquérir des savoirs et apprendre progressivement à les mobiliser pour comprendre et agir.
Un élève est évidemment un enfant ou un adolescent qui vient à l’école pour apprendre. Mais il est aussi un futur adulte. Pas un petit adulte auquel il faudrait demander de grandir plus vite.
Un apprenti-adulte qui dispose de nombreuses années pour essayer, apprendre, se tromper, recommencer et devenir progressivement plus autonome.
Cette manière de le regarder change parfois notre manière d'interpréter ce qui se passe en classe.
La classe devient ainsi, en plus d’un lieu d’instruction, un formidable terrain d’entraînement à la vie.
Cette question peut constituer un cap commun. À l’issue de son parcours, nous pouvons souhaiter qu’un jeune soit progressivement capable de prendre sa vie en main et de trouver sa place parmi les autres.
Chez Next Education, nous résumons cette ambition par trois mots :
L’école ne porte évidemment pas seule cette responsabilité. Mais elle peut y contribuer puissamment.
Pour devenir progressivement capable de prendre sa vie en main, nous proposons de porter une attention particulière à sept compétences : Comprendre – Décider – S’affirmer – Inventer – Coopérer – Négocier – S’adapter.
Elles ne nécessitent pas nécessairement sept nouveaux cours. Elles peuvent se développer à travers les apprentissages qui existent déjà.
Il ne s’agit donc pas nécessairement d’en faire plus. Il s’agit parfois de regarder autrement ce que l’école fait déjà.
Lorsqu’un élève ne sait pas encore faire, l’enseignant lui montre, lui explique et le guide. Puis vient progressivement le moment de faire avec lui. Et enfin celui de le laisser essayer seul.
Faire pour lui → Faire avec lui → Le laisser faire.
Cette progression paraît évidente lorsqu’on apprend à lire, calculer ou utiliser un outil. Elle peut aussi devenir un principe d’apprentissage de l’autonomie.
Le rôle de l’enseignant ne devient pas moins important. Il évolue : transmettre, expliquer, cadrer, accompagner… puis permettre progressivement à l’élève de devenir acteur de ses apprentissages.
L’école ne peut pas tout faire. La famille non plus. Parents et enseignants interviennent dans des contextes différents et n’ont pas les mêmes responsabilités.
La coéducation ne signifie pas que chacun doit faire la même chose.
Elle consiste à reconnaître la complémentarité des rôles autour d’une ambition commune : aider progressivement l’enfant à devenir capable de prendre sa vie en main et de vivre avec les autres.
Plutôt que de nous demander : « Qui doit faire quoi ? »
nous pouvons commencer par nous demander : « Quel adulte voulons-nous, ensemble, aider cet enfant à devenir ? »
Réinventer l’école ne signifie pas nécessairement lancer une nouvelle réforme. Dans de nombreuses classes, des enseignants développent déjà l’autonomie, la coopération, la réflexion, l’esprit critique, l’initiative ou le droit à l’erreur.
Chez Next Education, nous proposons d’abord de repérer ces pratiques, leur donner du sens, les partager et les développer progressivement.
Pas de modèle unique. Chaque école possède son histoire, son public, son équipe et ses contraintes.
Notre rôle est d’aider les équipes à prendre du recul, clarifier leur ambition et identifier ce qu’elles souhaitent faire évoluer.
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